«La guerre est si incroyablement inutile»
«J'ai réalisé «Valse avec Bachir» du point de vue d'un soldat quelconque, et la conclusion est que la guerre est si incroyablement inutile ! Ça n'a rien à voir avec les films américains. Rien de glamour ou de glorieux. Juste des hommes très jeunes, n'allant nulle part, tirant sur des inconnus, se faisant tirer dessus par des inconnus, qui rentrent chez eux et tentent d'oublier. Parfois ils y arrivent. La plupart du temps, ils n'y arrivent pas.»
L’intention du réalisateur Ari Folman est on ne peut plus forte et claire. Normal puisque «Valse avec Bachir» est inspirée d’une histoire vraie, la sienne. «C'est mon histoire personnelle. Le film retrace ce qui s'est passé en moi à partir du jour où j'ai réalisé que certaines parties de ma vie s'étaient complètement effacées de ma mémoire. Les quatre années pendant lesquelles j'ai travaillé sur «Valse avec Bachir» ont provoqué en moi un violent bouleversement psychologique. J'ai découvert des choses très dures dans mon passé (...).» Ari Folman a choisi de faire un film d’animation là où documentaire ou film auraient semblé, a priori, plus appropriés. Et dans la forme de l’œuvre réside également la force du propos.
Valse avec Bachir. Israël, 2007, 1h27, vost. Un film de Ari Folman, avec Ori Sivan, Ronny Dayag, Shmuel Frenkel, Zahava Solomon, Ron Ben-Yishai. Sélection officielle au Festival de Cannes 2008. Animation.
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Mémoire d'hommes
A l'aube du 30 avril 1945, cinq jours après la Libération, on retrouve à la périphérie de Milan deux cadavres. Une pancarte fraîchement peinte les identifie : Osvaldo Valenti et Luisa Ferida. Mais qui étaient-ils ? C’est pour répondre à cette question que le réalisateur, Marco Tullio Giordana, a commencé ses recherches dès les années 70. «A l'époque, il n'existait, sur eux que le livre d'Aldo Lualdi «Morire a salò», le premier qui ait essayé de reconstituer cette histoire, se souvient-il. Il y avait certes les témoignages d'Attilio Tamaro («Due anni di storia») ou d'Elsa de Giorgi («I coetanei»). Puisque beaucoup des protagonistes de ces événements étaient encore vivants, j'ai cherché à les interviewer. Certains ont été élusifs et n'ont même pas voulu me rencontrer. D'autres m'ont submergé d'informations, avec une telle envie de raconter que j'ai pensé qu'ils voulaient se libérer d'un fardeau. C'était une lente immersion dans la mémoire d'hommes qui avaient pâti de la pire des catastrophes, la guerre où le vainqueur lui-même est perdant : la guerre civile.»
Une histoire italienne. Italie, 2007, 2h28, vost. Un film de Marco Tullio Giordana, avec Monica Bellucci, Luca Zingaretti, Alessio Boni, Maurizio Donadoni, Alessandro Di Natale. Hors compétition au Festival de Cannes 2008. Le film a reçu le prix François Chalais 2008 qui récompense un film humaniste en prise avec le monde.