
Les voyages forment la genèse de sa musique. Morteza Esmaili n'a eu de cesse de sillonner le globe, perméable aux enseignements de ses multiples rencontres. Des influences qui façonnent ses spectacles et lui conservent une fraîcheur enfantine. C'est donc un carnet de voyage musical qu'il proposera le 7 mai, sur la scène du Forum. Une musique du monde. Une musique de tous les mondes.
«J'ai commencé très jeune , par la guimbarde, à 8 ou 9 ans», se remémore Morteza. Mais non, ce n'est pas ce que l'on appelle le «garage rock». Il s'agit en fait d'un minuscule instrument métallique que l'on fait vibrer sur ses dents. Morteza en est devenu un maître. Apprenant toujours, au fil de ses pérégrinations, de son Iran natal à la France, en passant par l'Australie et le Japon ou encore la Suède. «Au Forum, je vais ainsi être accompagné par Denys Rohfritsch, un maître de shakuchi, une flûte japonaise en bambou. L'on entendra également des chants sigits. Quant à moi je jouerai de la guimbarde donc, et du didgeridoo», détaille-t-il enthousiaste. Avant de poser devant sa collection de didgeridoos, sortes d'immenses tubes, dans lesquels l'on souffle, pour obtenir un son grave et puissant, comme extirpé des entrailles de la terre. Cet instrument est d'origine aborigène, une culture qui passionne Morteza. Et que l'on pourra d'ailleurs encore mieux découvrir, à partir du 26 juin, toujours au Forum, grâce à une exposition, des cours, une conférence et des concerts. Rendez-vous dans «Le Mensuel» de juin pour les détails.
«J'imagine mon concert comme dicté par les cinq éléments : le feu, la terre, le métal, l'eau et le bois...» Le mysticisme, la spiritualité, se glissent dans chaque phrase, et chaque composition de Morteza. Pour lui, la musique doit absolument élever, «transformer l'état de conscience». Comme dans certaines musiques orientales, ou les musiques électroniques actuelles. Cela ne lui fait d'ailleurs pas peur. «J'essaie de reconstituer de la musique techno avec ma guimbarde.» Et il y parvient le bougre ! Ce petit bout de métal est capable de reproduire, à moins que ce ne soit l'inverse, les sons créés par ordinateur. Quant au rythme il l'impulse de son daf, un tambourin sacré des Soufis. La technologie, il ne la refuse d'ailleurs pas. Puisqu'il met ses guimbardes en boucle. Mais la technologie est juste un moyen, pas une fin. Lui qui veut soigner par la musique. «Chaque corps, chaque personne va réagir différemment à tel ou tel morceau qui sera inspiré de tel ou tel élément. C'est de la musicothérapie, pour relaxer. Et à Paris, comme dans toutes les grandes villes, il y a du travail», s'amuse-t-il dans son français polyglotte.
Toujours dans sa quête des autres musiques du monde, Morteza Esmaili a rencontré le groupe qui assurera sa première partie : Cadenza. L'association de viole de gambe blanc-mesniloise de Bruno Angé. Il l'a donc naturellement invitée à le rejoindre sur scène à la fin de son concert...
Stéphane Legras